vendredi 5 juin 2009

Tu veux ou tu veux pas? (Jour 38)

Jour 38
Don't You Want Me - The Human League
12" extrait de l'album Dare! (1981) - UK

Sensée être une pièce plus hardcore (le son original était grinçant) sur le thème du pouvoir et de la sexualité, Don't You Want Me s'est retrouvée édulcorée à la production contre le gré du leader du band, Phil Oakey. Chantée en duo avec une des choristes encore adolescente, la chanson est reléguée aux catacombes en fin d'album comme compromis. La maison de disque, après trois honnêtes réussites en trois sorties de singles, pousse sa luck et décide de sortir le morceau malgré le mécontentement du band qui pense y perdre ses fans pour cause d'écoeurantite aiguë. La pièce, appréciée pour son propos, pour le riff et son refrain accrocheur, pour l'apport timide de la chanteuse, pour l'orgie synthpop en couches multiples (entendez ses superbes faux cuivres retentissants), et son vidéo, trouve écho dans la masse et devient #1 en Angleterre et devient un des plus gros hits de 1982 aux USA. Oakey reverra ses opinions sur le rendu de la pièce.

jeudi 4 juin 2009

Pas assez (Jour 37)

Jour 37
Just Can't Get Enough - Depeche Mode
7" (1981) - UK

Inspiré par le riff de la pièce "To Cut A Long Story Short" de Spandau Ballet (voir Pour faire une histoire courte (Jour 29)), le jeune groupe anglais propose Just Can't Get Enough à sa maison de disque après la sortie de leur premier album. L'apport synthpop à cette chanson, qui connaîtra un petit succès sur les palmarès dance anglais et américain et qui deviendra un standard pop, est surtout dû au claviériste Vince Clark qui quitte le band immédiatement après la sortie de Speak and Spell, le deuxième album, pour aller former Yazoo avec la chanteuse Alison Moyet. Cela n'empêche pas Depeche Mode de faire carrière et de poursuivre sa mission de composer autour de la voix bowiesque de Dave Gahan des perles à la fois pop et électroniques d'une beauté touchante pendant près de trois décennies. À suivre.

mercredi 3 juin 2009

Gâté pourri (Jour 36)

Jour 36
Tainted Love - Soft Cell
7" extrait de l'album Non-Stop Erotic Cabaret (1981) - UK

La maison de disque de Soft Cell décide de lancer Tainted Love le 7 juillet 1981 comme deuxième extrait de l'album. Le premier était "Memorabilia" qui n'a eu aucune résonance chez le public. La maison de disque donne alors une dernière chance au groupe qu'elle menace de lâcher si le morceau ne connaît pas de succès. Réalisée par Mike Thorne, cette pièce avait d'abord été popularisée par la chanteuse de northern soul Gloria Jones en 1964. Aidée par le son synthpop dominant sur les radios en 1981 et une prestation mémorable du groupe à "Top of the Pops", Tainted Love se propulse rapidement au sommet des palmarès en Angleterre, puis répète l'exploit dans dix-sept autres pays. Malgré un #8 aux États-Unis en 1982, elle bat un record en demeurant dans le Hot 100 du Billboard pendant 43 semaines. Le beatbox, les synthés et les bruits de laser sombres et glaciaux seront échantillonnés sur le "S.O.S." de la chanteuse r'n'b Rihanna en 2006 qui lui atteint le sommet du Hot 100 du Billboard.

mardi 2 juin 2009

N'est-ce pas? (Jour 35)

Jour 35
Bostisch - Yello
7" (1981) extrait de l'album Solid Pleasure (1980) - SW

Un des premiers morceaux d'importance pour les Suisses Boris Blank, Dieter Meier, Bostisch précède les pièces à succès "Oh Yeah!" en 1985 (qu'on pouvait entendre dans la comédie Ferris Bueller's Day Off et dans nombreux autres films par la suite) et "The Race" en 1988. Bostisch connaîtra un succès sur les pistes de danse d'Europe et de New-York en 1981 et deviendra par la suite un classique eurodance et aussi un canevas disco punk à cause de ses cris, de son rythme off et de sa cloche à vache furieuse.

lundi 1 juin 2009

Les trois Kim (Jours 32, 33 et 34)

Jour 32
Bette Davis Eyes - Kim Carnes
7" extrait de l'album Mistaken Identity (1981) - US

Auteure/compositeure/interprète issue de la mouvance country et folk des années '60 et '70, Kim Carnes étale son ton dylanesque et sa voix enrouée par les nombreuses heures à jouer dans les bars enfumés sur une pièce composée sept ans auparavant par Donna Weiss et Jackie DeShannon. Il en advient cette version qui grimpe au sommet des palmarès pendant neuf semaines. La version du démo ressemblait à une polka jouée au piano de manière honky-tonk. En studio, le claviériste Bill Cuomo appose un riff au synthétiseur et évacue le rythme prévu. Jouée d'un seul souffle par le groupe au complet, la première prise est la seule qu'ils feront.

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Jour 33
Donnez-moi du feu - Kim Larsen
7" extrait de l'album Jungle Dreams (1981) - DK

Le chanteur populaire danois et fumeur invétéré (il a fait une campagne contre le bannissement de la cigarette au Danemark en août dernier) fabrique ce rock'n'roll amusant sur le thème de la promiscuité autour de la figure du clou de cercueil. C'était la belle époque où on pouvait fumer dans les classes au CÉGEP et dans la section fumeur des avions (et aussi y parader son fusil de chasse sans que ça ne dérange personne, mais ça c'est une autre histoire).

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Jour 34
Kids In America - Kim Wilde
7" (1981) - UK

Membre d'une famille de musiciens rock, son destin était écrit d'avance. Comme son destin, on lui écrit cette chanson qui fait un tabac en Angleterre et qui devient un classique sur la planète new wave.

vendredi 29 mai 2009

L'homme Megatron (Jour 31)

Jour 31
Megatron Man - Patrick Cowley
Radio edit extrait de l'album Megatron Man (1981) - US

San Francisco 1971. Âgé de 21 ans, Patrick Cowley débarque de Buffalo et commence des études en musique électronique (synthétiseur) à la City College of San Francisco. En 1972, le professeur Jerry Mueller créé le "Electronic Music Lab" dans son sous-sol avec 3 étudiants : dont Patrick Cowley. À la fin des années '70, plusieurs clubs disco ouvrent à San Francisco où la clientèle gay pullule. Patrick est éclairagiste au City's Light et y rencontre Sylvester, un travelo chantant qui y joue souvent. Sylvester se lie d'amitié avec Cowley et lui partage ses compositions et s'émerveille du travail sonore électronique de son nouvel ami. Il en résulte une alliance profitable. En émergera le hi-nrg, sorte de disco remarquable par sa force, sa puissance et son... énergie tant au niveau du timbre que de la vitesse. Le nouveau son servira les salles d'aérobie du monde entier. Patrick Cowley devient très brièvement un réalisateur de renom et crée en chanson le personnage de Megatron Man qui sert à la fois d'alter ego ravagé par une maladie étrange et sans nom et qui sert de héros intergalactique qui pourrait le sauver du virus. Il meurt en 1982 des suites du SIDA. Megatron Man, the world is still waiting.

jeudi 28 mai 2009

Freak (Jour 30)

Jour 30
Super Freak - Rick James
7" extrait de l'album Street Songs (1981) - US

Surtout connu pour sa personnalité flamboyante et son amour des drogues, on en vient à oublier la contribution musicale de Rick James au monde de la pop. Employé chez l'étiquette Motown à plusieurs reprises depuis 1968 en tant qu'auteur-compositeur, et musicien dans plusieurs groupes rock, Rick James retourne à Buffalo, sa ville natale, et crée un album-concept funk et rock'n'roll autour de la prostitution et du traffic de drogue, juste avant que le hip hop n'éclose au grand jour et en fasse à son tour son thème préféré pendant des décennies. Tout de même, signé chez Motown, Street Songs dévoile, en plus de servir le personnage extravagant de James, un monde de luxure trash, punk, loufoque et déstabilisant que les synthés en vibrato sur le #1 dans les palmarès r'n'b et dance Super Freak expriment que trop bien.