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vendredi 3 juillet 2009

À la recherche du beat parfait (Jour 41)

Jour 41
Planet Rock - Afrika Bambaataa & the Soulsonic Force
12" (1982) - US

Looking For The Perfect Beat - Afrika Bambaataa & the Soulsonic Force
12" (1982) - US

Planet Rock et Looking For The Perfect Beat de la bande à Afrika Bambaataa n'ont pas connu beaucoup de succès à l'époque, mais les morceaux enregistrés dans le Upper East Side à New York ont contribué à changer les fondations du hip hop et de la musique dance. En re-développant le style électro des pionniers allemands Kraftwerk desquels ils empruntent pour Planet Rock le rythme ("Numbers") et la mélodie ("Trans-Europe Express") et l'exploitation en avant des machines, en prenant la force sonore des enregistrements de Gary Numan (voir "Chars - Jour 12"), et en y injectant l'esprit et l'univers de l'artiste funk George Clinton et des éléments de la culture hip hop, Afrika Bambaataa (Kevin Donovan) et Arthur Parker derrière la console aident à paver la voie à d'autres genres à venir comme le techno, le house, le drum and bass, et le trance. Le hip hop et l'électro s'en trouvent aussi bien sûr marqués à jamais. Les machines emmènent les producteurs à rêver et à chercher à faire le beat parfait, utopie qui dirigera le monde de la musique de danse électronique en pleine croissance.

samedi 20 juin 2009

Comprends-tu le message ? (Jour 40)

Jour 40
The Message - Grandmaster Flash & the Furious Five
12" (1982) - US

Le hip hop, avant que le nom existe, était déjà dans la rue depuis quelques années. On dansait, faisait des graffititis et rappait sur des beats issues des boîtes à rythme ou sur des breaks empruntés souvent au funk et parfois répétés (mis en boucle, loop) et brisé (scratché) par un DJ. Certains enregistrements avaient eu du succès : Fatback avec "King Tim III" (1979) sur un beat disco funk joué par un band, Sugarhill Gang avec "Rapper's Delight" (1979) sur un loop de l'intro du disco funk "Good Times" du band Chic. The Sequence et "Funk You Up" (1979), Kurtis Blow et "The Breaks" (1980) Funky Four Plus One et "That's the Joint" (1981) utilisent tous la même formule disco funk avec un rap mêlé au mixe comme le veut la tradition soul où le chanteur est sur scène avec les musiciens. Deborah Harry, intéressée par le nouveau phénomène du rap sur de la musique enregistrée et empruntée, fait "Rapture" (1981) avec Blondie. Elle garnit, sur une musique originale mais imitant le style, une partie du morceau d'un rap bancal mais légendaire qui expose le curieux phénomène à un plus large public.

En 1982, Grandmaster Flash & the Furious Five sortent dans les studios de SugarHill de New York un enregistrement qui fera révolution. La pièce sur laquelle ils sont absents, laissant plutôtles auteurs s'exercer, trouvant la pièce trop moche et bizarre, deviendra un classique. Cinq raisons : 1) le beat disco funk est ralenti et décalé, 2) le kick du drum et la basse sont puissants, en avant et appuyés sur les basses fréquences, probablement apporté par la façon de faire jamaïcaine 3) les synthés à portée de main et permettant des recherches rapides de grooves originaux sont omniprésents et 4) le rap est la vedette du mixe, séparé du lot. Et, surtout, la conscience change, 5) le protagoniste rapper ne parle pas de la fête et de la danse, il parle de la rue des ghettos et des conditions sociales qu'on y trouve. Le tout connaît un succès auprès du public, des DJs de discothèque, de la critique rock et surtout des artistes, surtout afro-américains et issus des ghettos, qui créeront à souhait sur ce nouveau canevas qu'on trouvait pourtant curieux et qu'on croyait temporaire à l'époque.

Le riff de synthé du morceau unique en son genre, artefact pris entre deux paradigmes, sera repris à son tour dans les machines des DJs et rappé dessus par tout un chacun pour les décennies à venir. Parce que le morceau, par son originalité, sa répétition hypnotique, ses sons étranges, son groove funky et décalé, son soutien naturel aux textes anecdotiques et aux frustrations, semble avoir mis le doigt sur quelque chose d'authentique et de frais qui donne envie toujours d'y revenir. Voilà la musique hip hop. Personnellement, j'écouterais une version d'une heure du Message et de plusieurs de ses rejetons sans voir le temps passer. Rien de surprenant que les synthés soient dorénavant et pour toujours, avec les boîtes à rythme, les séquenceurs et les procédés d'échantillonnage, dans la boîte à outil des producers hip hop.

jeudi 28 mai 2009

Freak (Jour 30)

Jour 30
Super Freak - Rick James
7" extrait de l'album Street Songs (1981) - US

Surtout connu pour sa personnalité flamboyante et son amour des drogues, on en vient à oublier la contribution musicale de Rick James au monde de la pop. Employé chez l'étiquette Motown à plusieurs reprises depuis 1968 en tant qu'auteur-compositeur, et musicien dans plusieurs groupes rock, Rick James retourne à Buffalo, sa ville natale, et crée un album-concept funk et rock'n'roll autour de la prostitution et du traffic de drogue, juste avant que le hip hop n'éclose au grand jour et en fasse à son tour son thème préféré pendant des décennies. Tout de même, signé chez Motown, Street Songs dévoile, en plus de servir le personnage extravagant de James, un monde de luxure trash, punk, loufoque et déstabilisant que les synthés en vibrato sur le #1 dans les palmarès r'n'b et dance Super Freak expriment que trop bien.

mardi 5 mai 2009

Superman (Jour 7)


Jour 7
Trans-Europe Express - Kraftwerk
Extrait de l'album Trans-Europe Express (1977) - DE

et
The Robots - Kraftwerk
Extrait de l'album The Man Machine (1978) - DE

Voici les chefs des veaux, les Übermensch (superman) de la musique électronique. Kraftwerk sont les révolutionnaires de la musique électronique et générée par ordinateurs. Ils sortent cette musique des laboratoires allemands et concrétisent les idées et les concepts dans un produit finalement accessible à tous. Déjà en 1975, avec Autobahn, et Radio-Activity en 1976, ils jettent les bases de la musique populaire synthétique où la frontière entre l'homme et la machine devient de plus en plus poreuse : un son minimaliste et épuré fait que de machines, des rythmes répétitifs et pulsatoires parfois brisés, des voix passées au vocoder, des mélodies accrocheuses plus près de la musique classique occidentale que de la soul américaine. De la techno à l'europop en passant par les productions électro, breakbeat, hip hop, dancehall et drum'n'bass, Kraftwerk deviendra source majeure d'inspiration et laissera partout des traces indélébiles.