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mardi 12 mai 2009

Top Chrono (Jour 14)

Jour 14
Beat The Clock - Sparks
7" extrait de No. 1 In Heaven (1979) - US

Duo rock de Los Angeles voguant sur la pop psychédélique depuis la fin des années soixante, Sparks ne vend plus en 1978 et doit se réinventer pour survivre dans l'industrie. Ils mentionnent à un journaliste leur admiration pour le son de Giorgio Moroder sur la pièce I Feel Love de Donna Summer. Le journaliste les met en contact avec le réalisateur et maître en synthétiseurs italien. Ils décident de passer leurs nouvelles compositions, toujours dans un format principalement rock, à la moulinette électronique et disco de Moroder. Beat The Clock, clin d'oeil au quiz tv américain du même nom, trace la voie à l'électropop qui connaîtra de nouvelles heures de gloire dans les années 2000.

vendredi 1 mai 2009

Et je ressens (Jour 3)

Bon ça y est. On pourrait wrapper et fermer boutique dret là. Mais je ne ferai pas ça. Il y a tant d'autres pièces à découvrir. Au moins 362 autres. Toutes des pièces, pour la plupart (de la sphère disco, house, techno, électro), redevables à celle-ci. Redevables en fait à l'intuition, l'innovation et la sensibilité d'un homme, un vrai (il a une moustache à l'époque) : Giorgio Moroder.

Jour 3
I Feel Love - Donna Summer
12" version (1977) - US

Voulant faire une track soul et disco qui, sur un album concept sur la temporalité, représenterait le futur, l'Italien Giorgio Moroder décide de faire rouler l'arpégiateur des séquenceurs analogiques. Pete Bellotte est derrière la console du studio de Casablanca à LA. Donna Summer de sa voix extatique y colle une complainte venue du fin fond de l'humanité... ou du futur. La ligne de basse robotique, les arpèges en constants changements de timbres et d'endroit, la machine à rythme partie pour la gloire et sans variations de flux pompent le sang et prennent le monde par surprise, en pleine fièvre disco. Les planchers de danse ne seront plus les mêmes, les machines débarquent. Les gays non plus ne seront plus pareils. Ils ont trouvé leur hymne. Ils se l'approprient. La plèbe aussi réagit : #6 au Billboard, #1 au UK. L'oreille est prête pour plus. Les orchestres ont trouvé un nouveau concurrent sur leur passage en studio comme sur scène. Giorgio est un des premiers avec Kraftwerk, les new-age et les krautrock à laisser s'exprimer la machine et à se laisser guider par elle. Un nouveau langage est né où les pulsations machinales, les timbres invraisemblables et l'espace infini servent de moules aux compositions, et où l'âme humaine n'est pas pour autant sacrifiée, bien au contraire. De nouveaux grooves sont possibles, de nouvelles mélodies aussi. La pop reprendra ad vitam aeternam cette mixture robot/futur/soul/exultation du corps (danse ou sexe) avec des variations issues du punk, du folk et du rock, mais le canevas est installé. Giorgio lui s'est trouvé du boulot pour un bon boutte, autant dans le monde de la pop que de la musique de film (Midnight Express, Scarface, Flashdance).

Giorgio Moroder