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vendredi 15 mai 2009

Technologique (Jour 17)

Jour 17
Technopolis - Yellow Magic Orchestra
Single extrait de l'album Solid State Survivor (1979) - JP

J'ai voulu aller trop vite. C'est à cause de la technologie nippone qui accélère tout. Apparu en Amérique dans les années '80 mais issue de l'an 1979 le Solid State Survivor de Yellow Magic Orchestra est le projet de Haruomi Hosono. Ce premier album à paraître sur un major fait connaître la technopop japonaise (pop électronique faite d'échantillonages, de synthétiseurs et de séquenceurs) à la surface du globe. Une musique accélérée, bruyante et ludique qui se veut l'expression d'une recherche de perfectionnement de la machine et des techniques par la musique pop. Cette signature a fait d'eux des artistes aussi populaires au Japon que les Beatles à une autre époque en Occident.

mercredi 13 mai 2009

La disco de Moscou (Jour 15)

Jour 15
Moscow Discow - Telex
7" (1979) - BE

Les Belges font encore des folleries. Ils ne peuvent s'en empêcher. Je sais, j'en connais un qui en est la moitié d'un. Des fois il est drôle, des fois il est triste (s'il est triste c'est parce qu'il est un peu acadien et catholique comme moi, faut l'excuser). Ces belges de Telex, eux, parce qu'ils se croient hot à cause qu'ils vivent dans une bande-dessinée perpétuelle, font dans l'art-canicule... dans le canular, pardonnez-moi, pardon my belge. Ouf! Après plusieurs covers disco amusants faits dans l'irrévérence et l'humour absolu (le Twist à St-Tropez des Chats Sauvages, un Rock Around The Clock super-lent, un Dance To The Music froid et mécanique, et le Ça plane pour moi du congénère Plastic Bertrand avec qui ils ont travaillés (voir Tout Petit La Planète), ils se présentent à l'Eurovision et interprètent pour nous refroidir les ardeurs, encore dans le même ton, le thème de... l'Eurovision. Les mines des jurys sont bées et basses. Ils retournent bredouilles au pays de Quick et Fluke. Ah oui! Juste avant le concours, ils avaient sorti ce 45 tours, Moscow Discow, d'abord en français. (cadeau☺) Une version anglaise fera le tour du monde (pas nécessairement en train). Jusque chez ZZ Top, y paraît. Le travail de Dan Lacksman, dirigé autour d'une idée de la "musique électronique (...) vraiment européen(ne), différent du rock, sans guitare*", qu'on appellera plus tard europop, ne passe pas inaperçu et l'effet de ses productions est fort malgré la comédie qui domine. Au point que les musiciens barbus et texans, des funny guys comme Telex, mettront immédiatement des séquences synthétiques sur leur blues rock et bousculeront quelques principes dans la sphère rock. On y reviendra.

"New music has made it's way
Automatic rythms play
Invading the world around
Electronic dancing sound" -Telex
(Moscow Discow)


Ok, maintenant, t'es mieux d'avoir l'esprit synth dans un corps ben assis. Le train de Moscou fait un dernier arrêt en 1979 et t'emmènera dès vendredi dans les années '80. La traversée du territoire sera longue. Cré moi. Mais c'est pas parce qu'on va s'mettre à pogner le sida, à craindre le nucléaire puis à se soucier de nos performances individuelles qu'on aura pas d'fun. Bien au contraire. La poudre et les synthés ( ces automatic rhythms et ces electronic dancing sounds) s'incrustent dans tous les wagons jusque dans la locomotive. Puis y'en a pour tout l'monde. Paaaaarty time.

vendredi 1 mai 2009

Et je ressens (Jour 3)

Bon ça y est. On pourrait wrapper et fermer boutique dret là. Mais je ne ferai pas ça. Il y a tant d'autres pièces à découvrir. Au moins 362 autres. Toutes des pièces, pour la plupart (de la sphère disco, house, techno, électro), redevables à celle-ci. Redevables en fait à l'intuition, l'innovation et la sensibilité d'un homme, un vrai (il a une moustache à l'époque) : Giorgio Moroder.

Jour 3
I Feel Love - Donna Summer
12" version (1977) - US

Voulant faire une track soul et disco qui, sur un album concept sur la temporalité, représenterait le futur, l'Italien Giorgio Moroder décide de faire rouler l'arpégiateur des séquenceurs analogiques. Pete Bellotte est derrière la console du studio de Casablanca à LA. Donna Summer de sa voix extatique y colle une complainte venue du fin fond de l'humanité... ou du futur. La ligne de basse robotique, les arpèges en constants changements de timbres et d'endroit, la machine à rythme partie pour la gloire et sans variations de flux pompent le sang et prennent le monde par surprise, en pleine fièvre disco. Les planchers de danse ne seront plus les mêmes, les machines débarquent. Les gays non plus ne seront plus pareils. Ils ont trouvé leur hymne. Ils se l'approprient. La plèbe aussi réagit : #6 au Billboard, #1 au UK. L'oreille est prête pour plus. Les orchestres ont trouvé un nouveau concurrent sur leur passage en studio comme sur scène. Giorgio est un des premiers avec Kraftwerk, les new-age et les krautrock à laisser s'exprimer la machine et à se laisser guider par elle. Un nouveau langage est né où les pulsations machinales, les timbres invraisemblables et l'espace infini servent de moules aux compositions, et où l'âme humaine n'est pas pour autant sacrifiée, bien au contraire. De nouveaux grooves sont possibles, de nouvelles mélodies aussi. La pop reprendra ad vitam aeternam cette mixture robot/futur/soul/exultation du corps (danse ou sexe) avec des variations issues du punk, du folk et du rock, mais le canevas est installé. Giorgio lui s'est trouvé du boulot pour un bon boutte, autant dans le monde de la pop que de la musique de film (Midnight Express, Scarface, Flashdance).

Giorgio Moroder