Les Belges s'en mêlent. L'ingénieur de son Dan Lacksman du groupe Telex applique son savoir-faire et transforme une curiosité cartoonesque en une perle europop qui ne semble jamais vraiment commencer, ni vouloir finir. "Passe-moi tes vibrations (...) Y faudrait pas qu'ça s'arrête."
jeudi 7 mai 2009
mercredi 6 mai 2009
Cuirette (Jour 8)
Warm Leatherette - The Normal
Côté B du 7" T.V.O.D. (1978) - UK
Côté B du 7" T.V.O.D. (1978) - UK
L'artiste punk et DIY Daniel Miller joue des ondes en scie sur son Korg 700S. Le respirateur artificiel comme nouvel article pour la pratique sado-maso. Et comme la pompe Ventolin oubliée à la maison. C'est ainsi que s'exprime le premier synthé de la scène indépendante.
mardi 5 mai 2009
Superman (Jour 7)

Jour 7Trans-Europe Express - Kraftwerk
Extrait de l'album Trans-Europe Express (1977) - DE
et
The Robots - Kraftwerk
Extrait de l'album The Man Machine (1978) - DE
Voici les chefs des veaux, les Übermensch (superman) de la musique électronique. Kraftwerk sont les révolutionnaires de la musique électronique et générée par ordinateurs. Ils sortent cette musique des laboratoires allemands et concrétisent les idées et les concepts dans un produit finalement accessible à tous. Déjà en 1975, avec Autobahn, et Radio-Activity en 1976, ils jettent les bases de la musique populaire synthétique où la frontière entre l'homme et la machine devient de plus en plus poreuse : un son minimaliste et épuré fait que de machines, des rythmes répétitifs et pulsatoires parfois brisés, des voix passées au vocoder, des mélodies accrocheuses plus près de la musique classique occidentale que de la soul américaine. De la techno à l'europop en passant par les productions électro, breakbeat, hip hop, dancehall et drum'n'bass, Kraftwerk deviendra source majeure d'inspiration et laissera partout des traces indélébiles.
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lundi 4 mai 2009
Surnaturel (Jour 6)
Jour 6Supernature - Cerrone
Extrait de l'album Supernature (1977) - FR
Les créatures mutantes se rebellent et attaquent. Le Français et batteur de formation Cerrone crée une bête disco aux pattes velues et aux griffes saillantes : le kick de la batterie est en avant dans le mix, l'arpégiateur est en furie, les voix femelles sont près de leurs bas instincts. Les gens n'en croient pas leurs oreilles. Il en vend dix millions de copies et installe sans s'en rendre compte les dispositifs sonores qui serviront plus tard à la musique house. Douce revanche d'un réalisateur qui avait dû produire lui-même son premier album devant le refus de tout un chacun.
dimanche 3 mai 2009
Mon amour (Jour 5)
Jour 5Hiroshima mon Amour - Ultravox
Extrait de l'album Ha!Ha!Ha! et deuxième côté de 7" ROckwrock (1977) - UK
Le punk détruit toutes les conventions en 1977. Le rock et la pop se transforme. On se sert du synthé pour exprimer son dégoût du monde. Une scène anglaise réfractaire aux valeurs bourgeoises s'inspire de la musique krautrock (Allemagne) et du travail de David Bowie pour y infuser ses sentiments nihilistes et existentialistes, dans une façon de faire romantique et théâtrale.
Le Roland TR-77 est utilisé par le groupe glam/punk (à l'époque) Ultravox pour faire un rythme de bossa nova sarcastique sur une ballade folk celtique venue d'un futur incertain. Le suave saxophone est superposé sur des nappes de cornemuses mutantes et de flûtes synthétiques pour un clash ironique qui suggère magnifiquement l'opposition entre le pouvoir d'amour et de destruction chez l'être humain. Les fondations sont placées pour la formule synthpop, new wave et new romantic qui déferlera en Angleterre et en Europe les prochaines années durant. Synthpop pour l'utilisation du synthé pour faire de belles chansons accrocheuses. New wave pour l'attitude punk qui se mélangera au commerce et au monde de la mode, de la fausse prétention, du théâtre et de l'artifice. New Romantic pour l'exploitation des valeurs, de l'attitude et du look romantique pour s'opposer au système social militariste. Et Hiroshima mon Amour inspiré d'une histoire d'amour sur fond de bombe atomique et d'un film de la nouvelle vague en est devenue la pierre angulaire.
Le Roland TR-77 est utilisé par le groupe glam/punk (à l'époque) Ultravox pour faire un rythme de bossa nova sarcastique sur une ballade folk celtique venue d'un futur incertain. Le suave saxophone est superposé sur des nappes de cornemuses mutantes et de flûtes synthétiques pour un clash ironique qui suggère magnifiquement l'opposition entre le pouvoir d'amour et de destruction chez l'être humain. Les fondations sont placées pour la formule synthpop, new wave et new romantic qui déferlera en Angleterre et en Europe les prochaines années durant. Synthpop pour l'utilisation du synthé pour faire de belles chansons accrocheuses. New wave pour l'attitude punk qui se mélangera au commerce et au monde de la mode, de la fausse prétention, du théâtre et de l'artifice. New Romantic pour l'exploitation des valeurs, de l'attitude et du look romantique pour s'opposer au système social militariste. Et Hiroshima mon Amour inspiré d'une histoire d'amour sur fond de bombe atomique et d'un film de la nouvelle vague en est devenue la pierre angulaire.
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samedi 2 mai 2009
Magique (Jour 4)

Je suis allé voir Buraka Som Sistema hier à soir. Magnifique. C'était bien d'être en 2009 pour un moment et de se faire snapper le bassin par des synthés des ghettos de Lisbonne sur de la polyrythmie angolaise.
***
Au milieu des années '70, la scène synth se développe timidement par petites bulles régionales. Les studios américains les intègrent à leurs kits de base. Les italiens, les britanniques, les japonais et les allemands expérimentent. De petites cellules se forment aussi en France (aux frontières de l'Italie et de l'Allemagne), en Scandinavie et au Québec chacun développera une approche particulière.
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Au milieu des années '70, la scène synth se développe timidement par petites bulles régionales. Les studios américains les intègrent à leurs kits de base. Les italiens, les britanniques, les japonais et les allemands expérimentent. De petites cellules se forment aussi en France (aux frontières de l'Italie et de l'Allemagne), en Scandinavie et au Québec chacun développera une approche particulière.
Jour 4
Didier Marouani, Roland Romanelli et Jannick Top de Space crée cette pièce qui fait malheur en Europe. Le son et le style jettent les bases de l'eurodance. Des arrangements baroques sur un fond de froideur nihiliste suggèrent la décadense des dictatures et des paysages de science-fiction et des romans d'anticipation. Les français excelleront dans l'exploitation de cette carte : Cerrone, Daft Punk, Para One, Justice.
Le québécois Gino Soccio s'achète des synthés avec ses économies. À lui seul, il installe les bases du son disco à Montréal. Un son emprunté des européens et des américains. Il débute avec les noms Witch Queen et Kebekelektrik. Il aura plus tard des succès internationaux avec entre autres The Dancer.
Le québécois Gino Soccio s'achète des synthés avec ses économies. À lui seul, il installe les bases du son disco à Montréal. Un son emprunté des européens et des américains. Il débute avec les noms Witch Queen et Kebekelektrik. Il aura plus tard des succès internationaux avec entre autres The Dancer.
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vendredi 1 mai 2009
Et je ressens (Jour 3)
Bon ça y est. On pourrait wrapper et fermer boutique dret là. Mais je ne ferai pas ça. Il y a tant d'autres pièces à découvrir. Au moins 362 autres. Toutes des pièces, pour la plupart (de la sphère disco, house, techno, électro), redevables à celle-ci. Redevables en fait à l'intuition, l'innovation et la sensibilité d'un homme, un vrai (il a une moustache à l'époque) : Giorgio Moroder.Jour 3
Voulant faire une track soul et disco qui, sur un album concept sur la temporalité, représenterait le futur, l'Italien Giorgio Moroder décide de faire rouler l'arpégiateur des séquenceurs analogiques. Pete Bellotte est derrière la console du studio de Casablanca à LA. Donna Summer de sa voix extatique y colle une complainte venue du fin fond de l'humanité... ou du futur. La ligne de basse robotique, les arpèges en constants changements de timbres et d'endroit, la machine à rythme partie pour la gloire et sans variations de flux pompent le sang et prennent le monde par surprise, en pleine fièvre disco. Les planchers de danse ne seront plus les mêmes, les machines débarquent. Les gays non plus ne seront plus pareils. Ils ont trouvé leur hymne. Ils se l'approprient. La plèbe aussi réagit : #6 au Billboard, #1 au UK. L'oreille est prête pour plus. Les orchestres ont trouvé un nouveau concurrent sur leur passage en studio comme sur scène. Giorgio est un des premiers avec Kraftwerk, les new-age et les krautrock à laisser s'exprimer la machine et à se laisser guider par elle. Un nouveau langage est né où les pulsations machinales, les timbres invraisemblables et l'espace infini servent de moules aux compositions, et où l'âme humaine n'est pas pour autant sacrifiée, bien au contraire. De nouveaux grooves sont possibles, de nouvelles mélodies aussi. La pop reprendra ad vitam aeternam cette mixture robot/futur/soul/exultation du corps (danse ou sexe) avec des variations issues du punk, du folk et du rock, mais le canevas est installé. Giorgio lui s'est trouvé du boulot pour un bon boutte, autant dans le monde de la pop que de la musique de film (Midnight Express, Scarface, Flashdance).
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