samedi 18 juillet 2009

Vivre au plafond (Jour 43)

Jour 43
Living On A Ceiling - Blancmange
12" extrait de l'album Happy Families (1982) - UK

Récupéré et signé par London Records dans la mouvance synthpop anglaise, le duo décide de faire passer "Alice aux pays des merveilles" dans univers musical aux influences africaines, au style arabisant habillé par les synthétiseurs et fait de Living On A Ceiling un petit succès.

samedi 11 juillet 2009

Le commissaire (Jour 42)

Jour 42
Der Kommissar - Falco
12" (1981) - AT

En pélerinage dans le Berlin de Bowie (qu'il avait habité pour les albums "Low" et "Heroes"), l'autrichien Falco compose deux morceaux dont "Le commissaire". Il connaîtra le succès que plus tard avec "Rock Me Amadeus" et "Vienna Calling". Pourtant Der Kommissar, reprise par les anglais After The Fire et puis retravaillée par l'américaine Laura Branigan, connaîtra un grand succès aux USA et au UK. Les années remettront la version de Falco sur la mappe à cause de ses sonorités électroniques et son rap teutonique amusant.

vendredi 3 juillet 2009

À la recherche du beat parfait (Jour 41)

Jour 41
Planet Rock - Afrika Bambaataa & the Soulsonic Force
12" (1982) - US

Looking For The Perfect Beat - Afrika Bambaataa & the Soulsonic Force
12" (1982) - US

Planet Rock et Looking For The Perfect Beat de la bande à Afrika Bambaataa n'ont pas connu beaucoup de succès à l'époque, mais les morceaux enregistrés dans le Upper East Side à New York ont contribué à changer les fondations du hip hop et de la musique dance. En re-développant le style électro des pionniers allemands Kraftwerk desquels ils empruntent pour Planet Rock le rythme ("Numbers") et la mélodie ("Trans-Europe Express") et l'exploitation en avant des machines, en prenant la force sonore des enregistrements de Gary Numan (voir "Chars - Jour 12"), et en y injectant l'esprit et l'univers de l'artiste funk George Clinton et des éléments de la culture hip hop, Afrika Bambaataa (Kevin Donovan) et Arthur Parker derrière la console aident à paver la voie à d'autres genres à venir comme le techno, le house, le drum and bass, et le trance. Le hip hop et l'électro s'en trouvent aussi bien sûr marqués à jamais. Les machines emmènent les producteurs à rêver et à chercher à faire le beat parfait, utopie qui dirigera le monde de la musique de danse électronique en pleine croissance.

samedi 20 juin 2009

Comprends-tu le message ? (Jour 40)

Jour 40
The Message - Grandmaster Flash & the Furious Five
12" (1982) - US

Le hip hop, avant que le nom existe, était déjà dans la rue depuis quelques années. On dansait, faisait des graffititis et rappait sur des beats issues des boîtes à rythme ou sur des breaks empruntés souvent au funk et parfois répétés (mis en boucle, loop) et brisé (scratché) par un DJ. Certains enregistrements avaient eu du succès : Fatback avec "King Tim III" (1979) sur un beat disco funk joué par un band, Sugarhill Gang avec "Rapper's Delight" (1979) sur un loop de l'intro du disco funk "Good Times" du band Chic. The Sequence et "Funk You Up" (1979), Kurtis Blow et "The Breaks" (1980) Funky Four Plus One et "That's the Joint" (1981) utilisent tous la même formule disco funk avec un rap mêlé au mixe comme le veut la tradition soul où le chanteur est sur scène avec les musiciens. Deborah Harry, intéressée par le nouveau phénomène du rap sur de la musique enregistrée et empruntée, fait "Rapture" (1981) avec Blondie. Elle garnit, sur une musique originale mais imitant le style, une partie du morceau d'un rap bancal mais légendaire qui expose le curieux phénomène à un plus large public.

En 1982, Grandmaster Flash & the Furious Five sortent dans les studios de SugarHill de New York un enregistrement qui fera révolution. La pièce sur laquelle ils sont absents, laissant plutôtles auteurs s'exercer, trouvant la pièce trop moche et bizarre, deviendra un classique. Cinq raisons : 1) le beat disco funk est ralenti et décalé, 2) le kick du drum et la basse sont puissants, en avant et appuyés sur les basses fréquences, probablement apporté par la façon de faire jamaïcaine 3) les synthés à portée de main et permettant des recherches rapides de grooves originaux sont omniprésents et 4) le rap est la vedette du mixe, séparé du lot. Et, surtout, la conscience change, 5) le protagoniste rapper ne parle pas de la fête et de la danse, il parle de la rue des ghettos et des conditions sociales qu'on y trouve. Le tout connaît un succès auprès du public, des DJs de discothèque, de la critique rock et surtout des artistes, surtout afro-américains et issus des ghettos, qui créeront à souhait sur ce nouveau canevas qu'on trouvait pourtant curieux et qu'on croyait temporaire à l'époque.

Le riff de synthé du morceau unique en son genre, artefact pris entre deux paradigmes, sera repris à son tour dans les machines des DJs et rappé dessus par tout un chacun pour les décennies à venir. Parce que le morceau, par son originalité, sa répétition hypnotique, ses sons étranges, son groove funky et décalé, son soutien naturel aux textes anecdotiques et aux frustrations, semble avoir mis le doigt sur quelque chose d'authentique et de frais qui donne envie toujours d'y revenir. Voilà la musique hip hop. Personnellement, j'écouterais une version d'une heure du Message et de plusieurs de ses rejetons sans voir le temps passer. Rien de surprenant que les synthés soient dorénavant et pour toujours, avec les boîtes à rythme, les séquenceurs et les procédés d'échantillonnage, dans la boîte à outil des producers hip hop.

vendredi 19 juin 2009

Comme soufflée d'une sarbacane (Jour 39)

Jour 39
Poison Arrow - ABC
Single extrait de l'album The Lexicon of Love (1982) - UK

ABC est formé en 1980 à Shefield sur les fondations du band new wave Vice Versa qui après un interview avec le journaliste musical Martin Fry l'engage comme chanteur et change de mission et de nom. Catégorisé rapidement dans le mouvement néo-romantique avec les Spandau Ballet et Duran Duran, ABC se démarque avec sa formule pop mélodique, polie, énergique qui scintille à l'oreille grâce à une combinaison originale de synthétiseurs et d'arrangements orchestraux. Poison Arrow, extrait d'un album réalisé par Trevor Horne, qui chante à cette époque pour Yes et les Buggles, en est un exemple type. Le style pique la curiosité : le single est haut placé en Angleterre et en Australie et entre au Billboard.

vendredi 5 juin 2009

Tu veux ou tu veux pas? (Jour 38)

Jour 38
Don't You Want Me - The Human League
12" extrait de l'album Dare! (1981) - UK

Sensée être une pièce plus hardcore (le son original était grinçant) sur le thème du pouvoir et de la sexualité, Don't You Want Me s'est retrouvée édulcorée à la production contre le gré du leader du band, Phil Oakey. Chantée en duo avec une des choristes encore adolescente, la chanson est reléguée aux catacombes en fin d'album comme compromis. La maison de disque, après trois honnêtes réussites en trois sorties de singles, pousse sa luck et décide de sortir le morceau malgré le mécontentement du band qui pense y perdre ses fans pour cause d'écoeurantite aiguë. La pièce, appréciée pour son propos, pour le riff et son refrain accrocheur, pour l'apport timide de la chanteuse, pour l'orgie synthpop en couches multiples (entendez ses superbes faux cuivres retentissants), et son vidéo, trouve écho dans la masse et devient #1 en Angleterre et devient un des plus gros hits de 1982 aux USA. Oakey reverra ses opinions sur le rendu de la pièce.

jeudi 4 juin 2009

Pas assez (Jour 37)

Jour 37
Just Can't Get Enough - Depeche Mode
7" (1981) - UK

Inspiré par le riff de la pièce "To Cut A Long Story Short" de Spandau Ballet (voir Pour faire une histoire courte (Jour 29)), le jeune groupe anglais propose Just Can't Get Enough à sa maison de disque après la sortie de leur premier album. L'apport synthpop à cette chanson, qui connaîtra un petit succès sur les palmarès dance anglais et américain et qui deviendra un standard pop, est surtout dû au claviériste Vince Clark qui quitte le band immédiatement après la sortie de Speak and Spell, le deuxième album, pour aller former Yazoo avec la chanteuse Alison Moyet. Cela n'empêche pas Depeche Mode de faire carrière et de poursuivre sa mission de composer autour de la voix bowiesque de Dave Gahan des perles à la fois pop et électroniques d'une beauté touchante pendant près de trois décennies. À suivre.